Voici La revue de presse internationale: À la Une: un virus et beaucoup de questions

Written by on février 4, 2020

Hopital Zhongnan de Wuhan, premier foyer de l’épidémie de coronavirus: les médecins examinent les poumons d’un présumé malade, le 2 février 2020.

Hopital Zhongnan de Wuhan, premier foyer de l’épidémie de coronavirus: les médecins examinent les poumons d’un présumé malade, le 2 février 2020.

Depuis le 9 janvier dernier, date des premières informations publiées dans les journaux sur le coronavirus, beaucoup de questions se posent sur l’ampleur de la maladie et les risques de contagion.

Le Monde tente de répondre à la plupart d’entre elles dans sa rubrique Décryptage. Parmi ces questions : « Pourquoi cette épidémie provoque-t-elle autant de panique alors que la grippe saisonnière cause bien plus de morts ? » Voici la réponse du Monde : d’abord en raison de son taux de mortalité assez important. « Selon une étude du CDC (le Centre de prévention et de contrôle des maladies situé aux Etats-Unis) publiée en 2017, la grippe saisonnière tue chaque saison entre 291.000 et 646.000 personnes. Mais celle-ci a un taux de mortalité faible : de l’ordre de 0,006 %, alors que le coronavirus tue 500 fois plus, soit un peu moins de 3 % des humains qu’il infecte. »

Autre facteur qui explique la panique mondiale, pointe encore Le Monde, la peur de l’inconnu : « l’ampleur de la réaction sanitaire en Chine et de la couverture médiatique s’explique aussi par le fait que ce virus est nouveau et qu’on ne dispose d’aucun traitement efficace ni d’aucun vaccin, alors que, pour la grippe saisonnière, mieux connue, la grande quantité de vaccins produite et distribuée aux populations les plus vulnérables est un moyen de prévention non négligeable. Si l’épidémie actuelle n’était pas prise au sérieux par les autorités chinoises, elle ferait probablement davantage de victimes en Chine, et potentiellement dans d’autres parties du monde. »

Menaces économiques

Autre question importante : quelles répercussions sur l’économie mondiale ? « Même s’il est trop tôt pour évaluer les conséquences de l’épidémie chinoise du coronavirus, la consommation des ménages dans la deuxième puissance économique mondiale est déjà durement touchée, relève Le Monde, faisant planer une menace sur le reste du continent. Un ralentissement en Asie, qui génère près des deux tiers de la croissance du PIB mondial, pourrait avoir des conséquences sur les grandes entreprises du monde entier. »

On se demandait depuis longtemps ce qui pourrait bien limiter la mondialisation, et bien voilà, s’exclame La Croix : « jusqu’à maintenant, rien n’a semblé pouvoir freiner ce mouvement historique, qui a pour carburants l’appât du gain, l’idéologie du libre-échange et les révolutions technologiques (informatique et transport par conteneurs). Certes, au cours de la dernière décennie, le protectionnisme a retrouvé de puissants partisans, à commencer par le président des États-Unis. Mais cela n’a pas encore modifié nettement la donne. Il y a donc de quoi être frappé, relève La Croix, en voyant avec quelle rapidité l’épidémie de coronavirus provoque des réflexes de repli. »

En effet, précisent Les Echos, « comme l’année dernière avec la guerre commerciale, les investisseurs craignent avant tout les conséquences d’un ralentissement de la Chine sur l’économie mondiale. Selon le FMI, la part de la Chine dans le PIB mondial est passée de moins de 9 % en 2003 – au moment de l’épidémie de SRAS – à plus de 19 % l’année dernière. En outre, la Chine absorbait moins de 6 % des exportations du reste du monde en 2003, contre près de 13 % en 2018. » C’est dire l’impact de la quasi mise à l’arrêt du plus grand marché mondial…

Et on revient à La Croix, qui estime que l’on pourrait bientôt observer « un mouvement inverse. Lorsque l’épidémie ira en déclinant, les affaires reprendront plus ou moins comme avant. Mais, pointe le journal, quelque chose aura tout de même changé dans les esprits. Cette épidémie nous fait prendre davantage conscience de la dépendance dans laquelle se trouve le système international de production industrielle à l’égard de la Chine, devenue l’atelier du monde. Le coronavirus n’est qu’un grain de sable dans les rouages de l’économie mondialisée mais il en révèle la fragilité. »

La réforme des retraites à l’Assemblée : guérilla parlementaire

À la Une également, la bataille sur la réforme des retraites à l’Assemblée… Le texte est examiné depuis hier par les députés et c’est une véritable guérilla parlementaire qui s’annonce avec pas moins de 22.000 amendements déposés par l’opposition, la plupart émanant de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Du coup, pointe Le Républicain Lorrain, « ceux qui, après plus de 50 jours de grève, croyaient en l’imminence d’un dénouement du conflit de la réforme des retraites en seront pour leurs frais. C’est un déluge d’amendements qui menace l’examen du projet de loi au Parlement. (…) L’exécutif va devoir la jouer fine s’il veut préserver l’avantage politique d’une opération en partie destinée à consolider son socle de 25% du corps électoral en prévision de 2022. »

« L’impression est que les deux années passées à discuter n’ont servi à rien, soupire L’Union, et que l’on s’installe dans une stratégie des barricades où chacun est certain de détenir la vérité. Celle du retrait définitif de la réforme pour les uns, celle de la mise en place d’un régime universel garant d’une plus grande égalité pour les autres. »

Certains journaux, comme La République des Pyrénées, montrent du doigt la France insoumise : « si l’Assemblée nationale a pour fonction d’être la chambre d’écho des citoyens dans l’élaboration de la loi au travers leurs représentants, il est à craindre que le son soit dès le départ saturé, donc inaudible, du fait de la volonté d’obstruction clamée par la formation de Jean-Luc Mélenchon pour saborder le projet de réforme de retraite en le retardant indéfiniment par tous les moyens procéduraux. »

« Cela fait beaucoup… »

En tout cas, déplore Sud-Ouest, « le débat parlementaire s’engage alors que l’on ne sait rien du futur financement des retraites, rien des mesures qui permettront d’équilibrer le système pendant la période de transition jusqu’en 2027, et pas grand-chose des projections financières. Le Conseil d’État a lancé à cet égard un avertissement d’une sévérité inhabituelle pour le gouvernement. Il est vrai que la Conférence de financement se réunit parallèlement aux débats parlementaires et que ses conclusions, si celle-ci aboutit, seront intégrées au projet de loi dans sa phase finale. Mais avec la procédure d’urgence, le recours aux ordonnances et les inconnues d’un texte inachevé, cela fait beaucoup. »

Par Fizimedia.


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *



Current track

Title

Artist

%d blogueurs aiment cette page :
FiziMedia

GRATUIT
VOIR