RDC-Droit de réponse: un intellectuel répond Mon seigneur Jérôme Gapangwa Nteziryayo après plusieurs éxactions en RDC

Written by on janvier 31, 2020

Au moment où̀ les Hommes de Dieu, Représentants légaux et Evêques de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), l’Evêque de la Communauté́ Libre Méthodiste au Congo (CLMC) et le Représentant de l’Eglise CELPA – faut-il souligner que ces deux derniers sont de la tribu Bembe – mouillent leurs chemises pour ramener la paix au Sud-Kivu en multipliant des initiatives de dialogue et réconciliation de tous les fils et toutes les filles du Dieu vivant dans cette contrée, et ce en dépit de la méfiance et parfois de la réprobation de leurs communautés, nous avons lu, avec consternation, l’Epître Urbi et Orbi de l’Evêque Jérôme Gapangwa Nteziryayo intitulée “l’Apocalypse sur l’Itombwe”.

Votre Epître, Monsieur Gapangwa Nteziryayo, a confirmé ce que nous savions de vous, c’est-à-dire que vous n’avez jamais été́ un vrai berger, jamais une église au milieu du village, mais un prélat subjectif déterminé à ne défendre que les vôtres, les originaires du Rwanda.

Votre texte a ravivé en nous les mauvais souvenirs de votre passage comme ancien Evêque du diocèse d’Uvira, où vous avez été́ révoqué́ par le pape suite aux témoignages et présomptions graves et concordants de trafic d’armes, au profit de votre famille des « Banyamulenge » dans lequel vous étiez impliqué durant votre sacerdoce dans ledit diocèse. Le pape n’a pas eu d’autre choix que de vous révoquer et vous mettre dans un garage au Vatican pendant plusieurs années.

Monseigneur, vous avez raté une occasion d’effacer dans notre mémoire collective les méfaits de votre sacerdoce dans le diocèse d’Uvira.

Tenez ! Votre Epître Urbi et Orbi est accompagnée des photos qui ne représentent que vos frères tutsi en errance ; elle ne cite que des maisons incendiées de vos frères et les vaches tuées voire emportées n’appartenant qu’à vos frères tutsi.

Comme si, à votre avis, un miracle s’est opéré́ dans cette guerre qui décime tout le monde dans les hauts plateaux de Fizi-Uvira-Itombwe, miracle divin qui aurait protégé́ les autochtones non tutsis des affres de la guerre et des balles de vos miliciens.

Comme si dans votre entendement les babembe, fuliiru, rega, nyindu qui résident dans ces mêmes plateaux n’avaient pas été́ attaqués, tués, ni que leurs maisons et troupeaux n’aient pas été́ incendiés et pillés par vos frères.

On dirait, à vous lire, que les tribus autres que tutsi (la vôtre) ont été́ miraculeusement épargnées des tueries et des destructions méchantes de leurs biens par une main divine. Ce n’est malheureusement pas le cas !
Et quand vous montrez les photos des personnes n’appartenant pas à̀ votre communauté́ (tutsi), c’est pour que, dans votre intention claire, le monde entier visionne ceux que vous considérez à tort comme les « bourreaux » de votre tribu.

Vous taisez ainsi intentionnellement les crimes commis par vos frères des milices Ngumino et Twigwaneho en particulier contre les populations autochtones. Pourtant, vous connaissez bien la vérité́ : toutes les populations des hauts plateaux de Fizi- Uvira-Itombwe, sans distinction aucune de leur appartenance ethnique sont victimes des affres de la guerre. Les tutsi, vos frères que vous défendez, tout comme les babembe, fuliiru, nyindu, rega, shi sont tués, leurs maisons incendiées et leurs troupeaux pillés par les miliciens de tout bord.
La vérité́ c’est qu’il n’y a pas que les tutsi, vos frères, qui souffrent. Mais on ne va pas vous demander plus d’honnêteté́ que vous n’en avez prouvé durant votre sacerdoce dans le diocèse d’Uvira ; mais en tant qu’humain, dans votre for vous connaissez la vérité́ : c’est que vos frères tutsi aidés par les éléments des Fardc de votre tribu et par des milices tribales ainsi que l’armée régulière du Rwanda tuent, massacrent nos parents et nos enfants pour nous exproprier nos terres ancestrales et incendient nos maisons.

La vérité́ c’est qu’il y a dans les hauts plateaux de Fizi-Uvira-Itombwe plus d’assassinats contre les autochtones non tutsi que des tutsi tués. Vous êtes en effet protégés par la Monusco et recevez les armes de la part de vos frères des Fardc pour exterminer les populations autochtones dans un plan savamment monté d’expropriation des terres des congolais autochtones.

La présentation sélective délibérée de votre part de la situation qui prévaut actuellement dans nos milieux précités n’honore pas la géante croix de Jésus-Christ que vous arborez prestigieusement sur votre cou. En effet, un berger, un Evêque de surcroît, se doit d’être un serviteur de Dieu qui condamne le mal d’où qu’il vienne et quels qu’en soient les auteurs, y compris vos propres frères tutsi s’il le faut, à l’image de Jésus-Christ.

Remarquez Monseigneur que quand vous, vous pleurez vos vaches tuées, nous nous pleurons nos morts, nos chefs coutumiers, nos parents, nos enfants, nos pasteurs que vous avez sommairement assassinés. Parce qu’ils n’étaient pas des tutsi.
Monseigneur, vous forcez mensongèrement l’opinion nationale et internationale à croire à la thèse de la « haine tribale » pour justifier les hostilités prévalant à Minembwe depuis quelques mois.

Cette thèse est fausse et simpliste. L’opinion mondiale s’offusque même déjà̀ d’un mensonge et d’une cruauté́ soutenus depuis des années, mais qui, ce jour, produisent leurs fruits naturels, dont les menteurs devaient logiquement attendre la cueillette.

1. Le mensonge.

La vérité́ a ses caractéristiques : elle est simple, claire, évidente et rétive à l’étouffement. Ceux qui marchent dans la vérité́ ont la vocation incontestable de vaincre, contre vents et marrées.

Ils sont de Dieu, Au contraire, le mensonge tient de la malice, de la ruse, de la félinerie et de la finauderie et procède du diable, même s’il a pour socle un verset biblique sorti malencontreusement de son contexte pour enjoliver la tromperie.

Même si vous vous obstinez à faire croire au monde que vous seriez arrivés sur les Hauts Plateaux de Fizi-Itombwe-Uvira depuis plus de 200 ans, votre conscience vous remet à l’ordre et claironne au-dedans de vous qu’il s’agit d’un mensonge grossier qui fait rougir même les belges et le HCR.

Au fait c’est eux qui vous ont importés puis établis chez nous en qualité́ de réfugiés.

En vérité́, si vous étiez arrivés avant les temps coloniaux, les belges vous auraient identifiés et recensés avec votre portion de terre au Congo. Les ethnies qui n’avaient pas de terre propre en raison de leur faiblesse numérique avaient tout de même été́ identifiés et accolés aux plus nombreux. Ils se sont intégrés sans fracas.

Qu’en a-t-il été́ de vous ?
Ceux qui soutiennent votre mensonge n’ignorent pas que, de méchanceté́, vous avez brulé́ toutes les archives coloniales gardées dans les bureaux des territoires convoités ; avez entrepris d’écrire une histoire grotesque des migrations des peuples taillées à votre mesure et de changer les noms de tous les repères géographiques de l’espace Fizi-Itombwe-Uvira, etc.

Tout ce substrat de mensonge assoit un idéal funeste conçu par le Tutsi Power : créer une cellule de terre au départ de laquelle partira l’Empire Tutsi- Hima de tous vos rêves.

Malheureusement, pour la mise en œuvre de ce plan macabre, non seulement vous avez usé de fraude comme mode opératoire, mais encore vous avez choisi une aire revêche, habitée par les Yakutumba, Ebu’éla, A’oci, Réné, Mulumba et d’autres vaillants défenseurs des terres et des traditions Bembe, fuliiru, nyindu et Vira dont nous ignorons les noms. Pour tout dire, vos victimes autochtones tentent de vous faire comprendre que votre aventure ne sera pas une promenade de santé, encore moins une villégiature. Elle a une seule vocation, l’échec que vous vivez certainement déjà.
La leçon morale ? Tout ce qui s’obtient par la fraude est nécessairement sujet à remboursement, de gré́ ou de force. Cela s’appelle la répétition de l’indu.

2. La cruauté́.

En second lieu, la cruauté́ est intimement liée à votre essence, à votre nature et à votre destin.

Par pure naïveté́, nous avons ouvert nos bras pour accueillir des frères africains, censés vivre comme nous, en parfaite cohabitation, pour l’épanouissement mutuel.

Nous avons ignoré́ que nos hôtes couvaient des plans machiavéliques contre nous pour s’emparer malicieusement de nos terres. Jusqu’au jour où vous avez résolu d’abattre, l’un après l’autre, tous nos bamis (chefs), notables, pasteurs, qui avaient à peine commencé à comprendre les enjeux.

Puis vint l’AFDL, que ce jour vous semblez diaboliser dans vos élucubrations en taisant les noms de vos frères, Azarias Ruberwa, Moise Nyarugabo, Bizimana Karahamueto et d’autres personnalités influentes de votre tribu sous l’AFDL de triste mémoire.

Ce fut pour vous l’occasion de vous déchainer diablement sur les babembe : massacres, viols, extorsions…sous un mode opératoire cynique, d’une cruauté́ qui n’a d’égal que celle que les impies vivront en enfer : femmes éventrées, fœtus découpés en mille morceaux, bébés pilés dans des mortiers à l’aide des pilons scabreux, mamans enterrées vivantes, pasteurs à chair saucissonnée puis jetée en pâture à vos chiens devant leurs familles. Vous avez craché, pissé et vous êtes mouchés dans les bouches tenues ouvertes, de force, de nos jeunes et de nos vieux, le canon sous la tempe. Que d’humiliations ! Voilà ce dont vous êtes capables.

Il s’agit des faits indiscutables parce qu’ils ont un nom : ça s’appelle les massacres de Makobola, de Kasika, de Lemara, Lulenda, Ngulubé etc. Malgré votre fourberie légendaire vous ne pouvez pas effacer cela. Dieu, qui est juste d’essence, pouvait-il cautionner une telle barbarie et une telle ingratitude de votre part ?
Barrez une rivière, si petite soit-elle. Le jour où elle brise la digue, elle emporte tout sur son passage. C’est cet effet naturel que vous appelez improprement la haine. En terme réel, cet effet s’appelle « le ras-le bol » et l’instinct de survie. L’ingratitude est tellement outrancière qu’elle appelle une réaction de répulsion.

Vous avez régné́ pendant 18 ans et, dans un orgueil sans pareil, vous vous êtes alloué frauduleusement des terres propres à vous. Vous avez usurpé le pouvoir coutumier des autochtones, vous avez usé des moyens de l’Etat pour subjuguer les babembe et quand, sous votre pression, un décret inique a été́ pris pour vous adjuger une commune rurale au mépris des textes légaux et réglementaires en la matière – le comble de la honte – vous n’avez pas caché votre intention malveillante d’en expulser les autochtones par la force du canon.

Maintenant que les autochtones vous retournent le même canon, vous criez haut et fort, comme d’habitude, pour forcer le secours des blancs que vous trompez jour et nuit. Ils ont déjà̀ compris votre fourberie.

Monseigneur, il ne s’agit nullement de la haine. Le mubembe est naturellement incapable de haïr. Durant des décennies, vous avez vécu son hospitalité́ jusqu’à̀ la naïveté́, au point de le prendre pour un bougre. A présent, il est dépité, révolté́, désappointé́. Il restaure sa dignité́, à tout prix. Ne lui imputez pas la haine, il ne la connait pas.

Etant donné que vous avez méprisé́ notre hospitalité́ et réduit le mubembe à l’humiliation, le mubembe vous offre un exode vers les cieux où vous serez capables de respecter les autochtones.

Observez que vous avez été́ chassés du Rwanda, vous avez été́ expulsés de la Tanzanie et de la Zambie, vous avez été́ débusqués de Vyura dans le Katanga, de sorte que les babembe ont été́ les plus patients à votre égard. Finalement, ils viennent de craquer aussi.

Remarquez que les vaillants combattants bembe et alliés ne s’attaquent pas aux paysans tutsis innocents. Ils les accompagnent paisiblement dans leur exode, jusque vers les lieux sécurisés. Ils neutralisent plutôt les Ngumino et les Twiganeho, vos miliciens et bras armé tutsi pour la conquête de nos terres. En revanche, à chaque revers essuyé́ sur les fronts de bataille, vos frères Ngumino viennent massacrer les populations autochtones, certaines dans des églises en train de prier leur Dieu.

C’est systématique. C’est factuel. En vérité́, la haine campe plutôt dans votre camp, qui n’a aucun argument plausible, ni encore moins un seul fait à brandir au monde pour justifier votre amour envers nous. Vous êtes des gouttes d’huile dans l’eau pure. Vous êtes incapables de vous intégrer, tant vous êtes épris de l’esprit hégémonique que vous cachez mal.
Leçon morale ? Ce qui s’obtient par la force du canon, se perd par la force du canon. Qu’il s’agisse de la terre, de la nationalité́ ou d’autres avantages similaires.

En conclusion, il n’est pas juste de charger méchamment les babembe devant l’opinion. Celle-ci vous connait déjà̀ assez. En vain vous leur imputerez la haine, l’opinion sait qu’ils vous ont hébergés avec une sollicitude à nulle autre pareille. Leur réaction résulte du réflexe de conservation d’une race pure et sainte que votre cruauté entend exterminer.

Les méthodes d’extermination systématiques sont fines et donc difficilement perceptibles pour certaines : à côté́ des massacres, les tueries à petit feu par empoisonnement, les déportations massives feutrées (avec la complicité́ de ceux que vous trompez chaque jour) suivies des transplantations de faux refugiés recrutés des milieux qui vous sont voisins, etc. La finalité́ est à̀ peine voilée : l’occupation de l’est de la République en suite d’une balkanisation sans coup férir.

Mais déjà̀ vous rencontrez des épines sur votre aventure meurtrière : pour leur survie, les autochtones se défendront jusqu’au dernier d’entr’eux qui tombera sous vos balles.
Et puisque vous êtes un Evêque, bien que déchu, et que vous avez commencé votre plaidoirie familiale empreinte des mensonges et de subjectivité́ en citant un passage biblique, laissez-nous terminer par quelques versets bibliques. Dans proverbes 17 : 15 Dieu dit : « Celui qui absout le coupable et celui qui condamne le juste sont tous deux en abomination à l’Eternel ». Le même livre des proverbes 12 : 22 dit : « Les lèvres fausses sont en horreur à l’Eternel, mais ceux qui agissent avec vérité́ lui sont agréables ». Et ce ne serait pas vous faire offense que de vous rappeler les choses que hait l’Eternel dans proverbes 6 : 16, pour terminer avec le Deutéronome 27 :17 qui vous placerait sous la malédiction si jamais vous continuez l’aventure abominable de déplacement des bornes de votre voisin, la RDC.
Nous attendons donc de vous un seul geste, c’est trop difficile pour vous, on le sait, mais faites un petit effort quand même : rejoignez vos collègues évêques et représentants légaux de l’ECC, les Bembe et autres qui, en dépit de la réprobation des leurs, ne ménagent aucun effort pour réconcilier les enfants de Dieu, tous les enfants de Dieu.

En agissant comme vos collègues qui travaillent pour la paix et non pas pour la division comme vous le faites, vous auriez ainsi – mieux vaut tard que jamais – pu faire oublier à chacun de nous les raisons qui ont présidé́ à votre révocation diplomatique du diocèse d’Uvira par le Saint-Père. Mais, en tous cas, oubliez la terre des babembe.
Sachez que nos terres ne sont pas négociables.
Que Noël vous comble de sagesse et d’amour.

Nous prions pour vous.
Vos frères Bembe dans le Christ.

Que Pensez-vous de cette analyse?


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *



Current track

Title

Artist

%d blogueurs aiment cette page :
FiziMedia

GRATUIT
VOIR