Première partie de la revue de presse internationale de ce lundi 20 janvier 2020: Présidentielle américaine : contre Trump, le New York Times a fait son non-choix

Written by on janvier 20, 2020

Le comité éditorial du New York Times soutient les candidatures d’Elizabeth Warrren et Amy Klobuchar dans la course à l’investiture démocrate.

Un refus de trancher entre deux candidates qui incarnent deux lignes rivales face à D. Trump. L’Arabie Saoudite se désengage de « ses » mosquées à l’étranger.

Dans la course à la présidentielle américaine, le parti démocrate se rapproche de l’heure des choix.

Dès ce mois de février les partisans démocrates à travers les Etat-sUnis vont commencer à voter pour choisir qui, parmi la douzaine de candidats à leur primaire, est le ou la mieux placé-e pour affronter (et battre) Donald Trump en novembre prochain.

L’enjeu est donc colossal, le processus d’investiture est fastidieux, incertain, mais il y a quelques heures une voix influente s’est fait entendre : celle du New York Times.

Breaking: The New York Times’s editorial board has endorsed two candidates (@AmyKlobuchar and @SenWarren) for the Democratic presidential primary. https://t.co/uYfO4VsCu6#TheWeeklyNYT

— New York Times Opinion (@nytopinion) January 20, 2020

Le journal, dont on dit souvent ici à quel point il est engagé dans l’opposition journalistique, médiatique, à la présidence Trump vient d’annoncer le résultat quel candidat a ses faveurs, son soutien… et on peut dire qu’il y a une surprise : après avoir donc reçu 9 candidats pendant des heures, avoir débattu en direct face aux internautes dans un processus qui se voulait objectif, transparent, argumenté et mis en scène comme un talk show politique à suspense, le bureau éditorial du Times a retenu non pas un mais deux candidats, et qui plus est des candidates, Elizabeth Warren et Amy Klobuchar.

c’est à la fois un choix et un non-choix : à la fois les éditorialistes assument d’emblée cette décision d’avoir choisi les deux seules femmes sur les 9 candidats auditionnés, et à la fois ils refusent de trancher sur cette division profonde, en interne au parti démocrate, sur la ligne politique qui a le plus de chance de faire battre Donald Trump.

“Do you think that this democracy, do you think that this economy, do you think that this government is gonna make it if all we’re offering are little nibbles around the edges?” @SenWarren told the editorial board in her endorsement interview. #TheWeeklyNYTpic.twitter.com/7xQlDjZHpS

— New York Times Opinion (@nytopinion) January 20, 2020

Elizabeth Warren, professeur réputée de droit du commerce à l’Université Harvard, incarne une ligne de critique radicale du système politico-économique américain dénoncé comme corrompu jusqu’à l’os (les têtes pensantes du quotidien la mettent d’ailleurs en garde contre une propension au « populisme et aux grandes promesses qui pourraient mener à de grandes désillusions »).

“Being bold isn’t just giving some flowery speech,” @AmyKlobuchar told the editorial board. “Being bold is about actually getting things done.” #TheWeeklyNYTpic.twitter.com/nlkgPzuFWr

— New York Times Opinion (@nytopinion) January 20, 2020

Quant à Amy Klobuchar, sénatrice du Minnesota, elle est beaucoup plus centriste, beaucoup moins à gauche, et mise justement sur sa capacité à rassembler largement les classes moyennes et populaires du coeur du pays.

Ce non-choix politique est tout de même un camouflet cinglant pour au moins deux candidats, à commencer bien sûr par Joe Biden justement sur cette ligne centriste et rassembleuse sur laquelle le Times lui préfère Amy Klobuchar. Le journal explique que l’ancien vice-président de Barack Obama a beaucoup de qualités en politique, d’ailleurs il est en tête de sondages… mais il a 77 ans, « ‘il est temps pour lui de passer le relais à la nouvelle génération »… et de toute façon « le statu-quo obamien qu’il propose, ramener l’Amérique où elle en était avant Trump, ne suffira pas à mettre le pays sur les bons rails pour l’avenir ».

“I ain’t dead and I’m not going to die!” @JoeBiden told the @nytimes editorial board his political fortitude is unmatched among Democrats. Full transcript of his interview: https://t.co/B9W0ZjMW56#TheWeeklyNYTpic.twitter.com/DxONzmlpGo

— New York Times Opinion (@nytopinion) January 20, 2020

Au centre donc, Joe Biden est désavoué, et sur l’aile gauche du parti démocrate, c’est Bernie Sanders qui passe à l’as (en tous cas on le rappelle dans les préférences du New York Times) qui rappelle également son grand âge (il aurait 79 ans à sa prise de fonction début 2021) mais aussi les doutes sur sa santé, cette crise cardiaque qui l’a éloigné des estrades quelques semaines à l’automne dernier. Et puis, le comité éditorial du Times lui reproche son côté trop « révolutionnaire, clivant, rigide » pour fédérer les électeurs le plus largement possible.

On le comprend, les préférences du New York Timesvont dans le sens d’une stgratégie électoral du pragmatisme, avec une Elizabeth Warren qui reprend des éléments de la gauche démocrate sans pour autant se dire socialiste ni anti-capitaliste, et sans d’ailleurs renoncer aux financements des grands lobbies américains pour sa campagne.

Senator @BernieSanders told the Times’s editorial board that President Trump is playing the “blame game.” Full transcript of his interview: https://t.co/ZVH631zbzm#TheWeeklyNYTpic.twitter.com/7eCyNy99QW

— New York Times Opinion (@nytopinion) January 20, 2020

Attention tout de même, ni Biden ni Sanders ne sont hors jeu pour autant. Il ne s’agit là finalement que la consigne de vote, en encore pas vraiment tranchée, d’un journal tout influent soit-il dans l’Amérique anti-Trump. Un journal souvent raillé, sur l’aile gauche du parti, comme une institution conservatrice et finalement très centriste : Bernie Sanders en particulier aura donc beau jeu de capitaliser sur sa non-sélection pour s’affirmer comme le candidat qui fait peur à l’establishment.

En attendant, « que LA meilleure gagne » : c’est ainsi que le New York Times conclut son entrée officielle dans la campagne présidentielle.

Changeons de sujet et de continent pour nous rendre à la mosquée du Petit-Saconnex, à Genève.

Le plus grand lieu de culte helvète, tel que nous le présente le quotidien Le Temps, peut accueillir 1500 fidèles et il a été inaguré en 1978 par le roi d’Arabie Saoudite de l’époque Khaled Ben Abdelaziz. Car, comme beaucoup ces quatre dernières décennies à travers l’Europe, cette mosquée genevoise a été construite et gérée depuis grâce à des fonds saoudiens, administrée d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui par une filiale de la Ligue islamique mondiale dont on sait qu’elle est intimement liée au régime saoudien.

Interview 🗣: La gestion et le financement du lieu de culte du Petit-Saconnex devront dorénavant être assurés par les musulmans de Suisse, annonce le secrétaire général de la Ligue mondiale.

➡ Un contenu Abo+https://t.co/mHYT872L4q

— Le Matin Dimanche (@lematindimanche) January 19, 2020

Or donc, le Matin de Lausanne, hier dimanche, publiait une interview du secrétaire général de la ligue islamique mondiale, le saoudien lui-même Mohammad Abdulkarim Alissa, qui annonçait que l’Arabie saoudite va se désengager de la gestion de la mosquée du Petit-Saconnet. Il s’agit nous explique-t-il d’en « confier la gestion à la communauté musulmane locale, via un conseil d’adiministration composé de citoyens suisses et dirigé par un président élu », question de « transparence » et de « sécurité ».

Mais pour Le Temps, ce désengagement saoudien ne va pas se limiter au lieu de culte genevois : la monarchie, selon l’analyse qu’en fait Simon Petite, veut « se retirer beaucoup plus largement des mosquées qu’elle finance à l’étranger » ; ça a déjà commencén apparemment à Madrid et à Bruxelles.

L’Arabie saoudite lâche la mosquée de Genève https://t.co/c1KltBm165

— Le Temps (@letemps) January 19, 2020

Riyad, lit-on, se rend compte que « la diplomatie religieuse » qui lui a permis d’accroître son influence sur les musulmans d’Europe se révèle aujourd’hui être « une arme à double tranchant », car elle se retrouve accusée de faire la promotion « d’un islam ultra-rigoriste propice à la radicalisation et au terrorisme ». Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite tente de dissiper ces critiques, affirme vouloir consacrer l’argent de son bras religieux à l’international à la promotion du « dialogue des religions  » : c’est beaucoup plus consensuel, il faut le reconnaître.

«Plusieurs États ont des vues sur la mosquée» https://t.co/I1bgAaYZOr

— 20 minutes (@20minutesOnline) January 19, 2020

Sauf qu’à Genève la communauté musulmane s’interroge désormais sur l’avenir de sa mosquée sans son principal financeur.

L’édition suisse de 20 minutess’étonne avec le spécialiste du monde arabe Hasni Abidi de la « grande improvisation » dans laquelle a été annoncé ce lâchage saoudien : les fidèles l’ont appris dans la presse.

« Ils ne sont pas prêts à assumer ce choix », affirme le politologue, car « il n’existe aucun organe représentatif des musulmans de Suisse ».

Ces derniers sont habitués depuis 45 ans à ne pas se soucier de comment fonctionne leur mosquée : les voici donc face à un « grand défi dont on ne sait pas encore comment ils vont se relever ».


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