RDC: Qui financent les rebels à l’Est de la RDC et où se sont-ils cacher?

Écrit par sur octobre 4, 2019

Théoriquement pays post-conflit, la République démocratique du Congo est le théâtre de violations des droits de l’homme à tour de bras.

Il existe bien un embargo de l’ONU sur les armes mais l’armée nationale le viole allègrement…

Les tueries se poursuivent à l’est de la RDC. En août dernier, Human Rights Watch et le Groupe de recherche sur le Congo de New York, révélaient qu’entre juin 2017 et juin 2019, 1900 civils ont été tués dans les deux Kivu, lors de 3000 incidents violents impliquant 130 groupes armés et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ensemble ou séparément.

Pourtant, un embargo sur les livraisons d’armes aux groupes rebelles de l’est du pays est en vigueur.

L’armée congolaise, elle, n’est plus concernée depuis la résolution 1807 du Conseil de sécurité, régulièrement reconduite depuis lors, qui autorise les livraisons au gouvernement mais qui exige leur notification au Comité de sanctions de l’ONU.

Mais quantité d’armes sont encore en circulation.

La récupération de ces arsenaux est un défi considérable. Après la destruction symbolique de 100 000 armes à feu, à Kinshasa le 21 août 2010, il restait encore 300 000 petites armes aux mains de civils dans l’est du Congo selon le Groupe d’Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP) de Bruxelles.

Une partie des armes aux mains des rebelles a été achetée auprès des FARDC, confie Jean-Jacques Wondo, expert sur des questions sécuritaires en RDC. Selon lui, des réseaux criminels au sein de l’armée alimentent en armes les rebelles ougandais de l’Alliance of Democratic Forces et d’autres groupes.

Le processus a commencé en 1998, quand feu Laurent Kabila a fait distribuer aux Maï Maïs, 20 000 kalachnikovs, 500 bazookas et plus de 200 mortiers, raconte-t-il dans un livre intitulé « L’essentiel de la sociologie politique militaire africaine des indépendances à nos jours ».

Jusqu’à présent, le processus s’est poursuivi. En mars 2018, Radio France Internationale a révélé l’étrange coincidence que les balles tirées le 25 février précédent par les forces de l’ordre à Mbandaka, contre des militants opposés au troisième mandat de Joseph Kabila provenaient du même stock que les munitions d’AK 47 également fabriquées par la China North Industries Corporation (Norinco) dont furent équipés les rebelles du M23, des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda et les Mai Mai Nyatura.

Selon Jean-Jacques Wondo, un rapport confidentiel de l’Etat-major des FARDC daté de 2016, indique que des kalachnikovs et des munitions produites par Norinco à la manufacture Afridex de Likasi (Haut Lualaba) ont été volées et distribuées aux milices Bakata Katanga.

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