RDC : président du Sénat, la récompense pour Bahati

Écrit par sur mars 2, 2021

Cette fois, il a décroché le poste qu’il réclamait tant lors de la constitution de la majorité entre Kabila et Tshisekedi. Modeste Bahati, patron de l’AFDC est devenu ce 2 mars président du Sénat et second personnage de l’Etat.

Sans surprise, l’ex-informateur a décroché ce poste avec une majorité écrasante de 89 voix sur 109 sénateurs.

On se souviendra que c’est la chasse à ce poste qui a provoqué le divorce entre Kabila et Bahati en juillet 2019. Modeste Bahati, l’homme du Kivu, qui avait rejoint le FCC, la plateforme de Joseph Kabila tout en conservant une dose d’indépendance, avait réclamé la présidence de la haute assemblée. Kabila n’a rien voulu entendre et a imposé son candidat Alexis Thambwe Mwamba.

Modeste Bahati, plusieurs fois ministres sous les derniers gouvernements de l’ère Kabila, a tenu tête et a déposé sa candidature. Un crime de lèse-majesté à l’époque qui lui a valu de voir son parti dupliqué, avec une aile-bis, créée de manière tout à fat abusive, demeurée fidèle au pouvoir de Kingakati.

Un geste fort de la Kabilie, inacceptable pour Bahati qui a donc rejoint Félix Tshisekedi. Le nouveau pouvoir a bien compris tout le bénéfice qu’il pouvait tirer de cet habile négociateur qui avait ses entrées auprès de tous les partis fédérés au sein de la plateforme politique du FCC. Bahati a été un des instruments du détricotage du pouvoir kabiliste. Une oeuvre qui valait bien un poste prestigieux.

Nommé informateur, l’homme a espéré un temps endosser le costume de formateur et enfin celui de Premier ministre. Mais, l’élu du Sud-Kivu savait aussi pertinemment bien que les équilibres régionaux lui étaient défavorables et que la « Tshisekedie » devait se trouver un chef de gouvernement au Katanga. La province la plus riche avait disposé ces vingt dernières années de la présidence de la République et ne pouvait se retrouver dépouiller de tous les postes essentiels du pouvoir congolais.

La primature « réservée » au Katanga, l’Assemblée nationale restant à l’ouest (Mboso succédant à Mabunda), il ne restait « plus que » le Sénat. Modeste Bahati se consolera avec ce poste qui  lui offre une belle visibilité et les ors du pouvoir, sans oublier qu’en cas de vacances de pouvoir à la tête de l’Etat, c’est lui qui succéderait momentanément au président.

Avec cette désignation, Félix Tshisekedi a mis ses pions à la tête des trois institutions (Gouvernement, Sénat, Assemblée nationale) . Mais les trois hommes n’ont ne la même expérience, ni, peut-être les mêmes appétits.

Christophe Mboso, le rescapé du mobutisme arrivé par un hasard du calendrier à la tête de l’Assemblée nationale tient sa fin de parcours rêvée, inespérée même.

Sama Lukonde Kyenge, le Premier ministre, est, sur sa carte d’identité, son exact contraire. Jeune, katangais et sans grande expérience. Lui aussi ne pouvait rêver mieux et ne devrait pas faire de vague.

Modeste Bahati peut être moins docile. Il a des ambitions, connaît les rouages de l’Etat et tous les acteurs de la scène politique. Pas certains qu’en fin de mandature il restera sagement assis dans son siège de président du Sénat.

Fizimedia.com

Source: AL


Les opinions du lecteur

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



En ce moment

Titre

Artiste

%d blogueurs aiment cette page :
FiziMedia

GRATUIT
VOIR