Burundi: le président Ndayishimiye encourage les milices Imbonerakure: « protégez-nous de l’ennemi! »

Written by on novembre 18, 2020

Ceux qui espéraient encore que l’arrivée à la Présidence du général Evariste Ndayishimiye pourrait se traduire par une amélioration du respect des droits de l’Homme au Burundi vont devoir se rendre à l’évidence: rien ne permet de le croire. Le nouveau chef de l’Etat a ainsi, cette semaine, célébré la milice de son parti, les Imbonerakure, en les encourageant à plus de zèle encore, alors qu’ils sont dénoncés depuis des années pour leurs exactions – vols, viols, passages à tabac, incendies de maisons, tortures, meurtres) contre la population.

 

Cette semaine est, au Burundi, celle des « combattants », soit la « jeunesse » du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, considérée comme une milice par l’Onu. Le chef de l’Etat, qui est aussi secrétaire général du parti, a prononcé lundi un discours au siège de ce dernier, rapporte SOS Medias Burundi, pour lequel travaillent des journalistes basés à l’extérieur du pays en raison de la chasse aux sorcières dont ils ont été victimes depuis 2015.

Selon leur traduction, le président Ndayishimiye s’est adressé aux miliciens en ces termes: « Voulez-vous que je vous décrive les ennemis? Quand vous entendez quelqu’un demander pourquoi une personne veille, sachez bien que c’est un voleur. Vous entendrez des gens qui veulent empêcher les Burundais de faire des rondes nocturnes; n’avez-vous pas entendu ceux qui disent que les Imbonerakure sont mauvais parce qu’ils font des rondes? Sachez que celui qui le dit est un ennemi. Il voit une brèche mais se rend compte qu’elle est gardée; il te qualifie d’ennemi pour te décourager afin qu’il puisse entrer. Je voudrais vous dire, à vous les Imbonerakure ici présents: soyez plus virulents! Protégez-nous contre l’ennemi! ».

Le président Ndayishimiye s’est est aussi pris aux associations de la société civile et aux journalistes qui « tuent » des gens, selon lui, et se veulent « intouchables ». Il a ajouté que les journalistes devaient « informer la police » de ce qu’ils apprenaient; « c’est un devoir constitutionnel », n’a-t-il pas craint d’ajouter. « Tu ne peux pas dire je suis journaliste, je suis prêtre… » pour refuser d’informer la police.

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fizimedia.com

Source:AL


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