RDC: La mort de Laurent Désiré Kabila : Georges Mirindi livre « sa part de vérité »

Written by on septembre 29, 2020

Membre de la garde rapprochée du président Laurent-Désiré Kabila, le lieutenant Georges Mirindi a attendu la fin du dernier du mandat de « Joseph Kabila » pour publier sa version des faits sous la forme d’un ouvrage de 632 pages, aux éditions Vérone. « Mzee n’a pas été tué ou assassiné de la manière dont on nous raconte », note-t-il en liminaire.

Selon lui, le corps du président Laurent-Désiré Kabila était sans vie bien avant les impacts de balles constatés sur la dépouille. Pour Mirindi, les « puissants » de l’époque avaient monté une « mise en scène » pour « camoufler » un coup d’Etat de palais. D’après lui, l’assassin présumé de LD Kabila ne s’appelle nullement Rachidi Kasereka mais bien Rachid Muzele Mweze dont s’empresse de disculper. Il accuse les personnalités ci-après d’être les dépositaires du « grand secret »: « Joseph Kabila », Augustin Katumba Mwanke (alors gouverneur du Katanga), Jeannot Mwenze Kongolo, Emile Mota, (le témoin oculaire) et Eddy Kapend Irung, aide de camp de Mzee. Auteur du documentaire « Qui a tué Laurent-Désiré Kabila », le réalisateur Arnaud Zaltman en prend également pour son grade. Il lui est reproché d’avoir relayé la version officielle accusant Mirindi et le Libanais Héritier Hilal.

RÉSUMÉ DU LIVRE << La mort de Laurent Désiré Kabila: Ne nie pas c’était bien toi>>

Kinshasa. Mardi 16 janvier 2001. Il est midi lorsque des tirs à l’arme automatique retentissent au Palais de marbre qui sert de bureau et de résidence officielle au président Laurent-Désiré Kabila. Celui-ci se préparait à s’envoler pour Yaoundé, au Cameroun, afin de participer au sommet France-Afrique. Membre de la garde rapprochée du chef de l’Etat congolais, Georges Mirindi était rentré chez lui pour chercher sa valise en prévision du voyage présidentiel.

Agent de sécurité chargé notamment d’introduire les visiteurs au bureau du Président, Annie Kalumbu entend des détonations dans le bureau présidentiel. Elle fait irruption. A sa grande surprise, elle trouve le Mzee assis mais immobile. Emile Mota, le « dircaba » chargé des questions économiques était également sur le lieu. L’homme est ceinture noire de karaté.

Le colonel Eddy Kapend
D’après Georges Mirindi, « Annie » aurait surpris Mota entrain de « subtiliser » les douilles. Ministre de la Santé au moment des faits, Dr Léonard Mashako Mamba, présent au Palais de marbre, constate des impacts de balles sur le corps inanimé. Curieusement, le cadavre ne baigne pas dans une mare de sang.

A l’extérieur du bâtiment, un mélodrame s’y déroule. Le colonel Eddy Kapend – qui n’est pas censé connaitre la situation exacte du Président – vient de vider le chargeur de son AK 47 sur l’un des gardes du corps de Mzee, accusé, par la clameur, d’être le « tueur ». Selon la version officielle, l’homme s’appelle Rachidi Kasereka Mizele. Mirindi assure que son infortuné collègue s’appelait Rachid Mweze Muzele. Celui-ci est décrit comme un homme « humble et aimable ».

L’EXÉCUTION DE MASASU

Mirindi est formel: « Le Mzee n’a pas été tué ou assassiné de la manière dont on nous raconte ». « Beaucoup d’innocents sont morts ou en prison pour rien », ajoute-t-il en soulignant que les « Kadogos », venus avec Mzee depuis le Kivu, ont été « faussement accusés » d’avoir tué le Président pour « venger » leur « leader bien aimé » Anselme Masasu Nindaga, exécuté en novembre 2000 au village Kantonia près de Pweto, au Katanga.

Dans une longue évocation, Mirindi commence par relater l’ambiance oppressante qui régnait à la Présidence de la République avant la date fatidique du 16 janvier 2001. Il dénonce le « clanisme », le « tribalisme » et la « course à l’enrichissement ». « L’entourage de Mzee a commencé à se comporter pire que celui de feu Mobutu », glisse-t-il.

Trois mois après la « libération » du 17 mai 1997, le Mzee et Anselme Masasu, un des co-fondateurs de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) sont à couteau tiré. Le second est suspecté de préparer un putsch. Il est arrêté et jeté en prison à Buluo, près de Likasi, « à la grande satisfaction » de « Joseph Kabila » (chef d’état-major des forces terrestres), de Gaétan Kakudji (ministre de l’Intérieur) et de Jeannot Mwenze Kongolo (ministre de la Justice).

En juillet 1998, le Mzee rompt la « coopération militaire » de son pays avec l’Ouganda de Yoweri Kaguta Museveni et le Rwanda de Paul Kagame, ses anciens parrains. Dès le 2 août, une nouvelle guerre est lancée. Une nouvelle « rébellion congolaise » voit le jour sous la dénomination de « Rassemblement Congolais pour la démocratie ».

LA CHUTE DE PWETO

D’après Mirindi, LD Kabila ne pouvait guère compter sur l’armée congolaise pour défendre l’intégrité du territoire national. Pour l’ancien garde du corps, les troupes impayées étaient « hautement tribalisées ». Les généraux, eux, n’avaient la moindre connaissance en doctrine militaire. C’est ainsi que le Mzee ne comptait plus que sur les alliés zimbabwéens, angolais et namibiens.

Pour protéger la ville de Lubumbashi, LD Kabila avait fait déployer un véritable arsenal à Pweto. La chute de cette localité en décembre 2000 « a provoqué une grande débandade au sein de l’armée mais aussi chez les alliés ». Chef d’état-major des forces terrestres, « Joseph » a trouvé refuge en Zambie.

Furieux, LD Kabila « avait ordonné d’identifier et de fusiller » tous les commandants de brigades, bataillons et compagnies et les officiers de leurs états-majors ayant fui à Pweto « les accusant de haute trahison ». A en croire Mirindi, des doigts accusateurs étaient pointés sur le général-major « Joseph Kabila ». Tous les commandants l’ont accusé d’être celui qui abandonnait « aux rebelles les villes avec armes et munitions ». Parmi les accusateurs, il y a le général Jean-Léon Mabila, commandait des opérations à Mbandaka. L’officier est mort en détention à la prison de Makala sous la Présidence de « Joseph ».

« JOSEPH KABILA » SUSPECTE D’INTELLIGENCE AVEC LE RCD

Le général-major « Joseph Kabila »
Selon Mirindi, plusieurs rapports accusateurs abondaient dans le même sens. « Le Mzee avait décidé de faire fusiller ‘son fils’(Entendez: Joseph) pour haute trahison ». Celui-ci aurait eu la vie sauve grâce au gouverneur Katumba Mwanke. Des témoignages recueillis auprès des « rebelles » faits prisonniers confirmaient les soupçons sur « Joseph ». Eddy Kapend était également dans le collimateur de Mzee pour avoir « dissipé » plusieurs millions en dollars destinés à l’achat d’armes.

D’après Mirindi toujours, le Mzee a, dès ce moment, pris la résolution de « purger » l’armée. Il l’aurait confirmé au cours d’une « causerie morale » qu’il a tenue le 28 décembre 2000 au camp militaire Kimbembe à Lubumbashi. Pour l’ex-garde du corps, LD Kabila venait de signer son arrêt de mort. « Les concernés ont agi avant que le Président ne prenne des mesures contre eux ».

Quid des Libanais exécutés? Selon la version officielle, les identités de ceux-ci auraient été trouvées dans une des poches de « Rachid ». « Faux », rétorque Mirindi qui assure que deux de ces Libanais avaient « détourné » des millions de francs congolais expédiés frauduleusement en zone rebelle afin de les échanger contre la devise américaine. Les deux hommes ayant péri sous la torture, il a été décidé par le général Yav Nawej d’éliminer tout les onze afin de ne pas laisser des témoins gênants.

QUI A TUÉ LE MZEE?

Georges Mirindi sera arrêté ce même 16 janvier 2001. Torturé dans le tristement célèbre immeuble « GLM » (Groupe Litho Moboti), l’ex-garde du corps, qui vit en exil en Europe, se considère comme un « miraculé » pour avoir échappé à l’exécution au camp de Kibomango. Et ce en « soudoyant » le bourreau nommé Salumu Mubekwa, alias Sharp Sharp.

Pour lui, les différentes « commissions d’enquête » mises en place ne cherchaient nullement à faire éclater la vérité sur les circonstances exactes de la mort de Mzee. Elles cherchaient, selon lui, à faire triompher la version officielle. Les « suspects » soumis à la torture devaient « avouer » les « faits » relayés par les médias. « Le président LD Kabila n’a sûrement pas été assassiné par Rachid, et sûrement pas à l’heure qu’on nous décrit et incroyablement pas de la façon que les Mota, Eddy Kapend, Mwenze Kongo… nous décrivent », écrit-il.

D’après Mirindi, Eddy Kapend et « Joseph Kabila » auraient pillé les résidences de Mzee respectivement à Kinshasa et à Lubumbashi. Le défunt y entreposait des cartons de francs congolais, des devises étrangères, de l’or et des diamants. Les deux hommes se seraient chamaillés lors du partage du butin. Mirindi de marteler: « La vérité sur la mort de Mzee Kabila ne se trouve nulle part ailleurs qu’au sein du régime qui a pris le pouvoir le 16 janvier 2001 ».

Qui a, finalement, tué le Mzee LD Kabila? Comme pour y répondre, Mirindi dit son « trouble » en apprenant cette déclaration faite le 18 janvier 2001 par le ministre de l’Information d’alors, Dominique Sakombi-Inongo: « Puisque l’assassin a été tué alors, il n’y aura tout simplement pas d’enquêtes ». Le méga-procès des « présumés assassins » n’a pas non plus généré la « lumière ».


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