Sud-Kivu : Grogne du Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege, Lucha_RDC et Filimbi sur le massacre de Kipupu, Quand les autres crimes sont oubliés en Secteur d’Itombwe ( Tribune d’Eliezaire Ushindi )

Écrit par sur août 2, 2020

C’était le 16 Juillet 2020, que plusieurs personnes ont été tuées à Kipupu en Terriroire de Mwenga par les miliciers Twirwaneho.

Selon le Gouvernement Congolais, après le Conseil des Ministres, 17 civils étaient tués, et 11 blessés à Kipupu, autres dégats materiels enreigistrés des suites de l’incendie des 6 villages.

« Le bilan des exactions commises par des miliciens TWIRWANEHO en date du 16 juillet dernier à KIPUPU et ses environs, en territoire de Mwenga fait état de 6 (six) villages incendiés ; 17 (dix sept) civils tués ; 11 (onze) civils blessés ; 213 (deux cents treize) civils portés disparus ; l’incendie d’un Centre de Santé et de l’Eglise Méthodiste » écrit dans le compte rendu de la 42eme Réunion du Conseil des Ministres du 31 Juillet 2020.

Au lendemain de ce massacre odieux, des cris de frustration et détresse sont venus de partout pour dénoncer ce carnage, tout en appelant à des enquêtes indépendantes pour établir les responsabilités des auteurs. Selon la Société Civile locale, 52 femmes ont été violées, et plusieurs personnes ont disparu dans ces carnages.

Le Prix Nobel de la Paix, le Dr Denis Mukwege, qui au-délà de fustiger ces tueries, a appelé au déterrement du rapport Mapping, jugeant que ceux qui ont tué, continuent toujours à tuer. A lire sur son compte Tweeter.

Une réaction qui intervient après celle des mouvements citoyens, dont la Lucha_RDC et Filimbi, qui ont réagi avec tristesse sur leurs comptes officiels, et à travers un communiqué signé par Filimbi.

Tous ces mouvements ont également condamné ce massacre en appelant les autorités à leurs responsabilités, tout en leur demandant de briser le silence pour ces carnages odieux à Kipupu.

Des cris qui ont refait surface comme si c’est le tout premier carnage en Secteur d’Itombwe, où depuis l’année 2017, des morts sont enregistrés suite à l’activisme des groupes armés , notamment des Maï-maï , Gumino, Twirwaneho, et etc.

La vie des banyamulenge compte.

Depuis 2017, plus de 300 villages dans lesquels vivaient des banyamulenge sont déjà incendiés par les présumés Maï-maï, sans compter le nombre des morts qui sont enregistrés chaque jour dans les fermes comme ailleurs.

Malgré ces morts et leurs cris, les hommes d’influence tout comme les mouvements citoyens sont restés pendant longtemps babas aux larmes de banyamulenges, pourtant ils étaient toujours tués comme tant d’autres dans le territoire de Minembwe, Fizi, et etc., en secteur d’Itombwe.

En effet, qu’est-ce qui pousserait le Prix Nobel de la Paix, le Dr Denis MUKWEHE et les Mouvements Citoyens de se réveiller pour s’exprimer cette fois-ci indignement sur les 17 civils tués, 11 blessés, et 213 disparus à Kipupu?

Comme établie le compte rendu du Conseil des Ministres du 31 Juillet 2020.

D’autres qualifient les déclarations du Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, de la Lucha_RDC et le Filimbi comme le fait de vouloir mettre de l’huile sur le feu. D’autant plus que depuis le début des conflits en 2017, dans le Secteur d’Itombwe, toutes les parties y afférentes ont déjà perdu les leurs, dont les banyamulenge, les fuliro, et tout comme les babembes.

Selon un mémorandum de cri d’alarme signé le 20/6/2020 à Bukavu par des Organisations de la Société Civile, des ONG œuvrant dans les Moyens et Haut-Plateaux d’Uvira, Fizi, et Mwenga, en Secteur d’Itombwe, province du Sud-Kivu, « des violences meurtrières depuis 2017, se résument en dégâts estimables à plus de 1.200 personnes tuées depuis avril 2017 ; 300 villages incendiés ; et plus de 300.000 personnes ont déjà fui leurs localités vers les pays voisins ou à l’intérieur du pays ; la razzia de plus de 165.000 vaches, en dehors de 82.000 qui seraient mortes à cause des conditions de vie déplorables ».

Pour de raisons d’être ciblés, plusieurs habitants sont obligés de vivre dans les sites de déplacés internes à Minembwe, où il y a plus de 120.000 personnes, Bijombo groupement (autour de 20.000) et le site de Mikenge (3.000).

Et d’autres étaient obligés enfin, de prendre le chemin de l’exil. Ces camps des déplacés sont ensuite régulièrement attaqués par des groupes armés Maï-maï des communautés voisines locales, présumées d’obédience bembe, banyindu, bafuliru et bavira.

Malgré la présence des forces défense et de sécurité établies gigantesquement dans cette région devenue le sanctuaire des violences sanglantes et meurtrières.

En plus de cela, ces populations dans les camps des déplacés, sont aussi mises dans les conditions qu’elles ne pourront pas survivre de la famine. Elles sont restées pour des mois et des mois sans assistance humanitaire, appauvries et sans même accès à leurs champs situés dans une distance de 2-3 Kilomètres.

Deux femmes qui avaient tenté d’aller dans leurs champs ont été violées et leurs organes génitaux avaient été coupés, renchérit ledit mémorandum.

De ce fait, s’il fallait demander des enquêtes sur les morts de Kipupu, quid de tous ces massacres commis précédemment dans les régions d’Itombwe, plaines de Ruzizi, Kabamba, Munanira, Kishembwe, Gataka, Fizi, Bijomba, Mikenge, etc…? Faudra-t-il dire alors que les morts de Kipupu vont plus que ces autres carnages en Secteur d’Itombwe? Ne sont-elles aussi pas des vies ?

« Les déclarations entendues sur le massacre à Kipupu , ne sont pas réconciliations et ne peuvent pas favoriser la cohésion sociale dans le Secteur d’Itombwe. D’autant plus que, la communauté banyamulenge se sent déjà marginalisée dans les cas d’espèces. Des déclarations faisant état comme si cette communauté n’a jamais perdu les leurs. Pourtant ces conflits intercommunautaires n’épargnent pas aucune partie aux conflits. Partout, il y a eu des morts. De ce fait, s’il fallait demander des enquêter, elles devraient se faire dans tous les côtés. Et pas paniquer sur le seul crime de Kipupu. Parce que le 22/6/2020, un cris d’alarme était fait par la société civil avec des ONG travaillant localement sur les bilans de ces conflits depuis 2017. Il n’y a pas des anges dans des conflits intercommunautaires. Les enquêtes au sens unique, c’est mettre de l’huile sur le fait. » s’est exprimé sous anonymat, un habitant de Fizi.

Rappellons que malgré le bilan avancé par le Gouvernement Congolais, pour l’instant, une équipe de la Monusco s’est rendue à Kipupu pour des enquêtes sur ce massacre.

Bien qu’un causus d’un Groupe des Députés Provinciaux du Sud-Kivu avance le bilan plus de 200 civils tués.-

Par Eliezaire Ushindi Mwendapeke.


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